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 La vie de nos ancêtres

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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Dim 23 Aoû - 16:14

Jour de lessive

Mai 1940 lundi, mardi, jours de lessive, de grande lessive

Jeanne pousse la brouette jusqu'au lavoir communal. Après avoir posé son battoir et son gros pain de savon, Jeanne commence par laver les draps. A genoux dans son carrosse, ( mot bourguignon qui désigne une caisse dans laquelle on mettait de la paille ou un coussin ) elle frotte et frotte encore les salissures avec une brosse à chiendent .Il est midi lorsqu'elle revient à la maison. La lessive n'est pas finie.
le linge remis dans la lessiveuse bout deux heures. Jeanne aime l'odeur de lessive qui se répand dans la maison.
Mardi, Jeanne aidée de sa fille retourne au lavoir pour le rinçage des draps, travail moins dur que le décrassage des grosses pièces. Ensuite toutes deux tordent les lourds et rugueux draps de chanvre.
la lessive a séché sur l'herbe du pré.
Jeanne aime aller au lavoir car elle apprend les nouvelles du pays, les décès, les naissances, les mariages. les lavandières s'épient entre elles et le linge raconte la vie des familles. Les regards curieux lisent sur le fils à linge les événements à venir dans une famille.

Entre hier et aujourd'hui quel décalage entre temps et peine


les lavandière de Charles Clair ( 1860-1937 )
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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Dim 23 Aoû - 22:00

Clairette ...

Connaissez-vous les lavandières ? .... Bisous


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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Lun 24 Aoû - 8:46



J'ai connu ça chez ma Grand-Mère, elle allait au lavoir au bord de la rivière ( La Risle)
En Normandie aussi il me semble que c'était le "carrosse".





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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Lun 24 Aoû - 9:04

J'y suis allée au lavoir avec maman, pendant les vacances, pas l'eau courante dans la maison que mes parents louaient, pendant qu'elle lavait, je jouais dans le ruisseau avec les grenouilles.

Merci Clairette
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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Lun 24 Aoû - 10:49

merci à vous
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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mar 25 Aoû - 7:56



LES VENDANGES  (suite)



Entrepossage du vin

 
l'humidité, la lumière et la température doivent être optimales pour permettre au vin de conserver sa qualité.




La température idéale pour l'entreposage du vin se situe entre 8 °C et 12 °C. Il convient d'éviter des variations trop brusques de température. En cas de réchauffement, le vin s'allonge dans la bouteille, est préssé dans les pores du bouchon et s'évapore. En cas de froid, il se resserre, l'air rentre et déclenche une oxidation.Des écarts dus à la saison, ne dépassant pas 6 °C sont cependant possibles.








A SUIVRE




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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mar 25 Aoû - 9:09



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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mar 25 Aoû - 10:28

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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mar 8 Sep - 9:48

L'ARTISAN DU JAIS :
Le jais ou jayet est un minéral bien oublié aujourd’hui. Mais il y a encore cent ans, les élégantes de tous les âges et de tous les milieux utilisaient volontiers cette pierre pour la parure. Sa couleur noire, d’un superbe éclat, convenait très bien au demi-deuil.
Le jais des Pyrénées. Des mines de jais se trouvent en France (Aude, Bouches-du-Rhône, Pyrénées-Orientales, Ariège...), en Prusse, en Espagne, en Angleterre, en Suisse... Il faut attendre le XVIème siècle pour qu’une véritable industrie apparaisse, principalement le long des cours d’eau : ce sont les moulins à jayet. Grâce à l’énergie hydraulique, les ouvriers façonnent les perles sur des meules mues par les cours d’eau pyrénéens. Les XVIIème et XVIIIème siècles marquent l’apogée de l’exploitation du jais ariégeois. Près de 1 200 ouvriers travaillent dans ces manufactures en Ariège, notamment à La Bastide-sur-L’hers, le Peyrat, Léran et Sainte-Colombe-sur-L’Hers, utilisant le jais à partir des mines de Vilhac et de Dreuillhe. À partir de 1745, l’un des principaux propriétaires d’ateliers est autorisé à importer le jais de la province d’Aragon. Moins dur que celui d’Ariège et par conséquent plus facile à travailler, son prix de revient est moindre. Répondant aux besoins d’une clientèle plus étendue, la qualité se diversifie et la production augmente : en 1875, les bijoux en jais de fabrication ariégeoise sont exportés vers Smyrne, Constantinople, Francfort, Londres, Leipzig, Vera Cruz, Lima. Mais l’utilisation de cette pierre, liée à la mode, en subit aussi les fluctuations. La concurrence des verres teintés, venus de Bohème, va mettre en évidence le prix de revient élevé du jais. Le travail du jais dans un atelier ariégeois Les morceaux de jais extraits des mines ne dépassent pas 10 cm d’épaisseur. Ils sont vendus tels quels à des industriels pour être travaillés. Ces morceaux sont confiés à des ouvriers, les escapoulaires, qui les taillent et les dégrossissent avec des couteaux spéciaux à lame large et fine sur un billot de bois. Ils classent les morceaux dégrossis par catégories selon leur destination. Les morceaux sont ensuite confiés à des femmes qui les percent avec des forets de différentes grosseurs, montés sur des tours à bobèche qu’on fait tourner avec un archet. Chaque morceau percé est remis au moulin pour le polissage. Le jais se travaille de plusieurs façons. Pour les grains ronds ou de forme olivaire, on se sert d’un tour à main. Pour les pièces à cannelures et filets guillochés, on utilise la lime. On les polit ensuite avec du blanc d’Espagne et du charbon de saule réduits en poudre, mêlés et détrempés ensemble. Les objets polis à facettes se façonnent à l’aide des meules, constamment arrosées d’eau. Ces travaux minutieux nécessitant une excellente vue, le forage est toujours confié à de toutes jeunes femmes et le polissage à des jeunes filles. Les perles peuvent être taillées à facettes (de six à dix-huit), chacune de ces facettes ayant la même surface régulière. Les triangles sont équilatéraux. Dans certains villages dépourvus de moulin, de modestes artisans travaillent le jais seulement au couteau et à la lime. Ils ne confectionnent alors pas d’objets à facettes. Les ouvrages finis sont remis à d’autres femmes qui les enfilent et en font des colliers, des chapelets... qu’elles arrangent proprement sur du papier. Le jais est destiné au demi-deuil mais aussi à la parure : croix, boutons, boucles d’oreilles, bagues, colifichets divers... Extrait du chapitre concerné, dans l’ouvrage Les métiers d’autrefois, de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean, Archives et Culture.



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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mar 8 Sep - 15:59

Intéressant, MERCI Adelette
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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mar 15 Sep - 9:57


LES VENDANGES  (suite)


Transport  du vin




A pieds dans des outres en peaux




A dos de mule




En attelage à boeufs




A cheval


A SUIVRE




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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mar 15 Sep - 10:19



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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Dim 20 Sep - 9:17

EMPLOYE D'EGLISE : Sacristains, bedeaux ou suisses, chantres et enfants de chœur sont autant de personnages oh ! combien pittoresques qui animent les églises. Véritables chevilles ouvrières de la grand’messe paroissiale et de sa pompe, ils font partie du paysage familier des générations d’autrefois.
Des "employés d’église"
Au siècle dernier, la législation des fabriques, les traités d’administration des cultes considèrent les sacristains, bedeaux, suisses, chantres... comme des employés ou serviteurs d’église. Leur nomination ou révocation et leur rémunération relèvent des fabriques, c’est-à-dire d’une sorte d’association de clercs et de laïcs chargés de la gestion financière de l’église paroissiale. Composées de cinq à neuf membres élus ou nommés (dont le curé et le maire qui sont des membres de droit), elles sont dirigées par un ou plusieurs marguilliers. Ces fabriques sont officiellement supprimées par la loi de 1905 dite de séparation des Églises et de l’État. On leur substitue des associations culturelles, aux attributions modifiées.
Les employés comme les sacristains ou les chantres, par exemple, sont en principe rétribués pour leur service d’église. Mais les études précises sur le sujet font défaut . En réalité, leurs fonctions comme leur rémunération dépendent des contraintes matérielles locales. Le nombre d’employés varie aussi beaucoup d’une église à l’autre.
Des paroisses modestes peuvent se satisfaire d’une seule personne pour aider au choeur, chanter au lutrin, sonner les cloches, etc. D’autres possèdent tout un personnel : un sacristain, un ou plusieurs chantres au lutrin, un suisse, un sonneur... La grand’messe peut réquisitionner cinq ou six adultes de sexe masculin. Et ce noyau d’employés peut s’amplifier les jours de grandes cérémonies. Ailleurs encore, un sacristain, pensionné, invalide ou retraité, sert d’homme à tout faire du curé, voire de la commune. Son service d’église est compensé par un hébergement ou quelques dons en nature, avec une faible rétribution.
Cependant, quelles que soient les paroisses, une fonction cultuelle comme celle de chantre est rarement une activité salariée monopolisant un individu à plein-temps.

Une sous-cléricature de village
Sous l’Ancien Régime, ces employés, notamment le chantre, occupent en même temps la fonction de maître d’école. Ces écoles sont généralement petites et l’éducation religieuse y est prioritaire. La lecture s’y apprend souvent à partir des textes des offices. Les fonctions d’enseignement des magisters ne prennent sens, aux yeux de l’institution confessionnelle (ici catholique), que rapportées à la religion. Ces magisters doivent enseigner entre autres le plain-chant.

Le calembour au lutrin
Le chantre a pour fonction de chanter pendant les services religieux. Mais, comme il n’a souvent qu’une éducation sommaire, il a parfois du mal à apprendre par coeur les répertoires latins. Il utilise des techniques de mémorisation qui ne sont autres que des calembours, parfois volontairement mis en place comme tels ! Et les chantres de village se transmettent ces techniques en même temps que leur fonction.

Extrait du chapitre concerné, dans l’ouvrage Les métiers d’autrefois, de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean, Archives et Culture.




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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mer 23 Sep - 9:03



Je n'ai pas de photos quand j'étais Enfant de Cœur,




mais en voici une de ma 1ère communion




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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mer 23 Sep - 9:37

Il est mignon notre petit communiant , c'est ta maman qui est avec toi ?
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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mer 23 Sep - 9:45



Oui....MÉLUSINE   ;)




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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mer 23 Sep - 10:06


JOLI COMMUNIAN     C ETAIT AVANT  L EPOQUE DES      AUBES qui sont moches!!!!!


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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mer 23 Sep - 12:11

Non toi non plus tu n'as pas changé .... Super, merci du partage ...


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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mer 23 Sep - 14:12

je crois que les aubes étaient plus pour les filles et les garçons en costumes
tu ressemble à ta maman, jean Claude! Plus maintenant que quand tu étais minot

en fait adelette tu parles des Bedots non??qui faisaient les cloches , le ménage , mettaient les fleurs sur l'hotel, aidaient le curé.....


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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Mer 23 Sep - 15:53



Merci...Brijou, mais moi c'est Jean-Pierre  :GRD SOURIRE:

Je ne sais c'est plus à partir de quelle année mais les aubes étaient obligatoires pour les filles comme pour les garçons



Communion solennelle de ma petite fille en 2013




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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Ven 25 Sep - 9:57

Merci Jean-Pierre


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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Ven 25 Sep - 9:59

LIBRAIRE :
 Autrefois, le libraire et l’éditeur ne font qu’un. Celui qui édite le livre qu’il aime est aussi celui qui le met dans sa vitrine et le propose aux passants. La profession de libraire, restreinte et très réglementée, évolue fortement, selon la censure et les nouveaux modes de communication.
À proximité des universités
Sous l’Ancien Régime, il n’existe pas alors de maison d’édition au sens moderne du terme. Ce sont les libraires, qui travaillent souvent en équipe, qui éditent et passent commande aux imprimeurs des ouvrages qu’ils financent. Les libraires, peu nombreux, doivent respecter toute une série de règles :
- le candidat libraire doit être catholique, avoir passé un examen devant les syndics et versé au fisc un droit de 1 000 livres ;
- il ne peut ouvrir une librairie qu’à proximité d’une université. Avant la Révolution, il y a ainsi 50 magasins entre le collège Mazarin et le pont Saint-Michel, 30 entre Notre-Dame et le Palais, quelques-uns sur les ponts, mais rien d’autre ailleurs (concentration qui reste valable aujourd’hui encore) ;
- il ne peut prendre d’apprentis pendant les six premières années de son installation ;
- il ne peut revendre son fonds que par l’intermédiaire exclusif du syndic, pendant une période courte (un mois) et bien déterminée de l’année ;
- il garde le monopole de la vente du livre (avec deux exceptions, les merciers, mais qui ne peuvent vendre que des almanachs ou de petits livres de piété, et les marchands-forains, mais qui ne peuvent rester plus de trois semaines dans une même ville) ;
- avant d’éditer un livre, il doit obtenir l’autorisation du lieutenant général de police, l’approbation des censeurs royaux et les lettres du grand sceau.
À la veille de la Révolution, c’est toute l’organisation professionnelle qui s’écroule peu à peu. Pressée d’impôts et de contraintes, en même temps que mal protégée, la véritable librairie ne peut plus espérer soutenir la concurrence des clandestins.

Vers plus de liberté ?
Avec la Révolution, les corporations sont détruites, les privilèges supprimés : l’imprimerie, l’édition et la librairie se retrouvent en théorie entièrement libres... même si les droits de propriété de l’auteur sur son oeuvre sont réaffirmés en 1793. L’article V des Droits de l’Homme précise aussi : "Nulle manière de publier ses pensées ou ses sentiments ne doit être interdite à personne ; et en particulier chacun est libre d’écrire ce que bon lui semble, toujours à la seule condition de ne pas porter atteinte aux droits d’autrui". Cette libération permet dans un premier temps aux presses de se multiplier et aux nouveaux venus dans le métier de s’installer, avec une densification des réseaux de librairies françaises.
Dès 1790, la censure revient. Si l’Ancien Régime interdisait les ouvrages érotiques, les pamphlets contre la religion ou la monarchie, le nouveau interdit et fait brûler les brochures religieuses et monarchistes, les catéchismes, les complaintes sur les malheurs de la famille royale, etc., - censure qui durera encore 150 ans...

Extrait du chapitre concerné, dans l’ouvrage Les métiers d’autrefois, de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean, Archives et Culture.





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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Ven 25 Sep - 20:58


Pendant toute la première moitié du Moyen Age, les livres furent écrits dans les
couvents. Il y avait dans les monastères une salle qu’on appelait le scriptorium,
c’est-à-dire l’endroit où l’on écrit, et là pendant de longues heures,
silencieusement, des moines recopiaient les ouvrages des auteurs anciens, et
les livres de piété qui formaient le fonds des maigres bibliothèques de ce temps.

C’était une des occupations les plus en honneur dans les couvents, et ce qui
prouve bien le cas qu’on en faisait, c’est qu’on croyait qu’un travail de ce genre
pouvait sauver de l’enfer l’âme de celui qui s’y livrait. On trouve dans un
chroniqueur du XIe siècle, Orderic Vital, une plaisante histoire à ce sujet. Il y
avait dans un couvent, raconte-t-il, un moine qui avait trop souvent manqué à
la règle dans la maison ; l’abbé lui pardonnait cependant beaucoup d’erreurs
dans sa conduite, car il savait écrire, il était assidu au travail, et il copia une
grande partie de l’Écriture Sainte.



Copiste. Enluminure du XIVe - XVe siècle


Bien lui en prit, comme on va voir. Il mourut ; aussitôt les démons réclamèrent
son âme ; mais alors les anges prirent sa défense ; ils montrèrent à Dieu
l’énorme livre que leur client avait copié, et, à chaque fois que les démons
énuméraient un péché de l’âme qu’ils convoitaient, vite les anges mettaient
en regard une des lettres du livre. A la fin le nombre des lettres se trouva de
beaucoup supérieur à celui des péchés commis par le pauvre moine, et Dieu
consentit à recevoir son âme au paradis.

Mais, à partir du XIIIe siècle, le besoin d’un nombre plus grand de livres se fit
sentir, car il s’était fondé en plusieurs villes, notamment à Paris, de grandes
écoles où affluaient les étudiants qui réclamaient les livres nécessaires à leur
travail. Des copistes, le plus souvent de pauvres prêtres, se mirent, eux aussi,
à copier des manuscrits, et alors apparut la profession de libraire. Il y avait
alors deux sortes de libraires ; les premiers, qu’on appelait simplement libraires,
recevaient en dépôt des manuscrits et les vendaient au public ; les autres,
qu’on nommait stationnaires, d’un mot latin qui signifie étalage, commandaient
eux-mêmes aux copistes les ouvrages dont ils voulaient avoir plusieurs
exemplaires : ils correspondaient donc à nos éditeurs actuels. Il faut croire que
la profession ne rapportait pas beaucoup, car, au XIIIe siècle, la plupart des
libraires étaient en même temps cabaretiers.

Les libraires faisaient partie de cette grande institution qu’on appelait l’Université
; ils devaient prêter, au moins tous les deux ans, à celui qui était à la tête de ce
corps, le recteur, un serment dont voici quelques passages. « Vous jurez que
fidèlement vous recevrez, garderez, exposerez en vente et vendrez les livres qui
vous seront confiés. Vous jurez que vous ne les supprimerez ni ne les cacherez,
mais que vous les exposerez en temps et en lieu opportuns pour les vendre.
Vous jurez que si vous êtes consulté sur le prix, vous l’estimerez de bonne foi,
au prix où vous voudriez le payer vous-même. Vous jurez enfin que le nom et l
e prix du propriétaire seront placés en évidence sur tout volume. »


On remarquera cette dernière clause ; elle nous apprend que, dans ce cas, le
libraire était un intermédiaire entre celui qui avait écrit le livre, et qui en gardait
la propriété, et l’acheteur ; ceux qui avaient copié des livres les mettaient donc
en dépôt chez le libraire comme aujourd’hui quelques artistes confient à des
marchands de tableaux leurs oeuvres, laissant à ceux-ci le soin de les vendre.
On disait alors que les libraires étaient des clients ou des suppôts de l’Université
; à ce titre, ils jouissaient des mêmes droits que les professeurs et les étudiants,
et ils figuraient dans les processions religieuses, placés, il est vrai, tout à la
queue du cortège, avec les écrivains, les enlumineurs, les parcheminiers et les
relieurs, qui faisaient partie avec eux de la même corporation.



Galerie du Palais au XVIIe siècle, où l'on distingue le libraire sur la gauche.
D'après Abraham Bosse.


C’étaient là les avantages de cette situation ; mais elle avait aussi ses
inconvénients. D’abord, les libraires étaient tenus de résider dans le quartier
de l’Université : quelques-uns étaient groupés auprès de la rue Saint-André-
des-Arts, où se trouvait l’église dans laquelle leur confrérie avait sa chapelle.
Beaucoup d’autres avaient leurs boutiques dans la rue Saint-Jacques. On
remarquera d’ailleurs qu’encore aujourd’hui la plupart de nos grands éditeurs
sont demeurés sur la rive gauche. On ne faisait d’exceptions que pour ceux qui
ne vendaient que des livres de messe, de prière et de piété ; ceux-là étaient
autorisés à s’installer autour de l’église Notre-Dame.

Enfin l’Université reconnut à plusieurs d’entre eux, à partir du XVIIe siècle, le
droit de tenir boutique dans la galerie du Palais, et c’est à leurs étalages que
se munirent de projectiles les fougueux combattants dont Boileau nous a
retracé les prodiges de valeur dans son amusant Lutrin. Il y avait d’autres
prescriptions, les unes raisonnables, comme celle de savoir le latin, les autres
plus bizarres, comme l’obligation où ils étaient d’allumer tous les soirs les
chandelles dans les lanternes publiques ; ils ne furent déchargés de cette
obligation qu’à la fin du règne de Louis XIII.

Mais la plus redoutable des prescriptions auxquelles ils étaient soumis, c’est
qu’ils ne pouvaient publier aucun livre qui n’eût été approuvé par l’Université.
A partir du XVIe siècle, ce furent les rois qui se chargèrent d’exercer cette
surveillance ; un livre ne pouvait être imprimé qu’avec un visa des censeurs
royaux, et il ne fallait point négliger cette précaution, car ceux qui l’omettaient
risquaient, suivant la nature des livres dont ils avaient accepté le dépôt, de
sévères châtiments et parfois même la mort.

Pendant la cruelle répression qui fut faite de l’hérésie huguenote à Paris, sous
le règne de François Ier et de Henri II, il y eut plusieurs libraires qui furent
brûlés de ce chef. Ce fut le cas du malheureux Étienne Dolet, qui, comme
beaucoup de libraires de ce temps, était à la fois auteur, imprimeur et éditeur.


Les libraires avaient déjà comme concurrents les bouquinistes. Un écrivain
du début du XVIIIe siècle nous apprend que c’étaient de pauvres libraires qui,
n’ayant pas le moyen de tenir boutique ni de vendre du neuf, étalaient de
vieux livres sur le Pont-Neuf, le long des quais et en quelques autres endroits
de la ville. Ils n’étaient pas plus riches alors qu’au XVIIe siècle, si l’on en juge
par la plaisante description que l’on trouve de ces pauvres gens dans un de
ces pamphlets du temps de Mazarin, qu’on appelle à cause de cela des
Mazarinades. L’auteur les plaint d’avoir été chassés de ce Pont-Neuf dont,
suivant lui, ils étaient un des ornements.

Ces pauvres gens chaque matin
Sur l’espoir d’un petit butin
Avec toute leur famille,
Garçons, apprentis, femme et fille,
Chargé leur col et pleins leur bras
D’un scientifique fatras,
Venaient dresser un étalage
Qui rendait plus beau le passage.

Mais les libraires étaient impitoyables ; à maintes reprises, ils exigèrent des
édits du roi pour chasser du Pont-Neuf et des quais ces misérables concurrents,
qui ne tardaient pas d’ailleurs à venir reprendre possession de l’étalage dont
ils avaient été chassés par la cupide jalousie de leurs puissants adversaires.

Extraits France Pitoresque


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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Ven 25 Sep - 21:00

Tu as trouvé !!! tu sais quand je cherche, je vais sur "chercher" dans la barre et je tape ce que je cherche et les forums trouvent pour moi !!! Bisous et merci pour le complément !


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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   Sam 26 Sep - 9:13


Les bouquinistes.









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MessageSujet: Re: La vie de nos ancêtres   

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